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 LES ECORCES DE L'AME

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Martine
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Féminin Nombre de messages: 240
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Date d'inscription: 23/09/2005

MessageSujet: LES ECORCES DE L'AME   Lun 9 Avr - 11:25

« Les kabbalistes comparent l’esprit à une substance qui reste fluide dans le milieu divin et sous l’influence de la lumière essentielle, mais dont l’extérieur se durcit comme une cire exposée à l’air dans les régions plus froides du raisonnement ou des formes visibles.
Ces écorces ou enveloppes pétrifiées (nous dirions mieux « carnifiées », si le mot était français) sont la cause des erreurs ou du mal, qui tient à la pesanteur et à la dureté des enveloppes animiques.
Dans le livre de Zohar et dans celui des révolutions des âmes, les esprits pervers ou mauvais démons, ne sont pas appelés autrement que les écorces, cortices.
Les écorces du monde des esprits sont transparentes, celles du monde matériel sont opaques ; les corps ne sont que des écorces temporaires et dont les âmes doivent être délivrées ; mais ceux qui obéissent au corps en cette vie se font un corps intérieur ou une écorce fluidique qui devient leur prison et leur supplice après la mort, jusqu’au moment où ils parviennent à la fondre dans la chaleur de la lumière divine, où leur pesanteur les empêche de monter ; ils n’y arrivent qu’avec des efforts infinis et le secours des justes qui leur tendent la main, et pendant tout ce temps ils sont dévorés par l’activité intérieure de l’esprit captif comme dans une fournaise ardente. »
Eliphas Lévi, Dogme de Haute Magie

Voici une présentation originale de la doctrine ésotérique des corps subtils. Le fondement demeure toujours un monisme ontologique : le Premier Principe est identifié à une énergie qui se répand et se refroidit à mesure qu’elle s’éloigne de son centre de rayonnement. L’ultime cristallisation de cette énergie primordiale donne naissance à la matière, qui constitue comme « l’écorce » extérieure de la divinité. Cette dernière écorce est opaque, mais d’autres écorces, translucides, se seraient formées à mesure que l’énergie divine se refroidissait, constituant différents niveaux au sein de l’unique substance. A l’intérieur de chaque niveau le même processus aurait enfin donné naissance à des individualités illusoires.

Chaque individu serait donc une portion de l’énergie primordiale, isolée au sein de la Substance divine et séparée de l’environnement par une « écorce », dont la densité varie selon le niveau énergétique sur lequel elle se constitue. Les « corps » des esprits seraient transparents mais constitueraient néanmoins une enveloppe isolant une individualité, qui chemine selon un parcours évolutif propre ; tout comme notre corps matériel isole notre âme spirituelle au sein de l’unique Substance, engendrant l’illusion d’une personnalité distincte.

L’apparition de ces individualités serait « la cause des erreurs ou du mal, qui tient à la pesanteur et à la dureté des enveloppes animiques ». E. Lévi suggère en particulier que le « raisonnement » apparaîtrait sur un niveau inférieur d’énergie, proche de la matière. Pour l’ésotérisme en effet, la vraie connaissance ne serait pas le fruit du travail de l’intelligence individuelle, mais consisterait en une pure intuition spirituelle, nécessitant l’accès à des états de conscience transpersonnels.

Selon notre auteur, l’étincelle divine enfermée dans son écorce charnelle peut suivre les penchants de son enveloppe physique, ce qui entraîne son opacification progressive ; elle descend alors toujours plus profondément dans la matière le long d’un parcours involutif. Mais elle peut aussi s’élever vers les hauteurs spirituelles, s’arrachant progressivement à la dépendance charnelle ; elle aurait alors entamé son parcours évolutif qui la ramène vers sa Source.

« L’écorce fluidique » intérieure n’est autre que le « corps astral », qui porte l’empreinte des désirs de la personne. A la mort de l’individu – toujours selon l’ésotérisme – le corps fluidique de celui qui s’est laissé entraîner vers la terre, est lourd et freine l’évolution de l’âme. Celle-ci souffrirait alors du tourment de ses désirs charnels comme d’un feu dévorant purificateur, jusqu’à ce que, au fil des incarnations successives, elle serait enfin parvenue à s’arracher à la séduction de la matière pour ne plus nourrir que des désirs spirituels.

Il est clair que dans cette description, l’individu en évolution n’a nullement besoin d’un « Sauveur », puisqu’il est divin par nature – que cet individu soit « humain » ou appartienne au monde des « esprits ». Le « salut » consiste dans la connaissance (gnose) de notre vraie nature ; connaissance délivrée dans un contexte initiatique supposé procurer l’« illumination », c’est-à-dire une première saisie expérimentale de notre identité avec le Principe divin. Une telle proposition est bien sûr incompatible avec la Révélation, qui maintient fermement la distinction entre la Nature divine incréée et la nature humaine créée, ainsi que la doctrine du salut par la foi en Jésus, unique Seigneur et Sauveur de tous les hommes, qu’il réconcilie avec Dieu son Père par le sacrifice de la Croix.

La description proposée par Eliphas Lévi veut en outre « récupérer » la doctrine des « fins dernières » de la tradition chrétienne, en particulier la doctrine du Purgatoire. Sauf que pour le croyant, le Purgatoire n’est pas l’antichambre où se prépare une nouvelle incarnation, mais une étape de l’ascension de l’âme vers Dieu, étape dans laquelle elle est purifiée par le Feu divin de l’Amour de charité, c’est-à-dire par l’Esprit Saint qui l’attire vers le Christ Seigneur en l’arrachant à ses désirs terrestres.

A nouveau le sujet de l’action est déplacé : ce n’est pas l’âme qui se purifie, mais Dieu qui la purifie en l’attirant à Lui.


NB :Éliphas Lévi, né Alphonse-Louis Constant le 8 février 1810 à Paris, où il mourut le 31 mai 1875, est un ecclésiastique français et une grande figure de l'occultisme.

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Martine
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pourkoipas



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MessageSujet: Re: LES ECORCES DE L'AME   Mar 10 Avr - 17:33

bonjour Martine ,
Suis allé jeter un coup d'oeil sur le livre à la bibliothèque . Mais alors quelle conception de la religion véhicule cet ouvrage ?
D. Brown semble s’en prendre avant tout à la religion chrétienne, et plus précisément à l’Eglise catholique. Est-il plus respectueux des autres Traditions ?
Frère Jean devrait nous éclairer là dessus !
merci @ plus !
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frère jean



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MessageSujet: Re: LES ECORCES DE L'AME   Mar 10 Avr - 18:04

bonjour chers amis
Je voudrais vous répondre à partir d’un bref extrait :

« Toutes les religions du monde, explique Langdon, sont fondées sur des thèses fabriquées. C’est la définition même du mot foi – l’adhésion à ce que l’on imagine être vrai, et que l’on ne peut pas prouver. Toutes les religions, depuis celle de l’Egypte ancienne jusqu’au catéchisme moderne, décrivent Dieu à travers des métaphores, des allégories, des hyperboles. Ce sont ces images qui permettent à l’esprit humain d’envisager ce qui est par définition inenvisageable. Les problèmes commencent lorsqu’on se met à croire à la lettre aux symboles qui ont été fabriqués pour illustrer des abstractions » (DVC 427).
Vous remarquerez que toutes les Traditions sont mises sur le même pied : pour Dan Brown se sont autant de tentatives humaines de parler de l’Indicible. Aussi longtemps que le croyant est conscient des limites de son discours religieux, celui-ci peut lui permettre de relier la réalité quotidienne intramondaine à ce mystérieux au-delà, pressenti de multiples manières selon les temps, les lieux et les cultures. « Les problèmes commencent » lorsque les croyances sont objectivées dans des dogmes rigides, s’appuyant sur des récits qui historicisent les mythes. Bref lorsque l’homme prend ses représentations subjectives pour des révélations objectives. Non seulement la religion ainsi transformée perdrait selon notre auteur toute sa force évocatrice, mais elle engendrerait l’intolérance et le fanatisme.
bien à vous
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balou



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MessageSujet: Re: LES ECORCES DE L'AME   Mar 10 Avr - 18:12

bonsoir ,
Me suis un peu renseigné aussi , faut-il dès lors espérer un monde sans religion ??

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Yannick/balou
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frère jean



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MessageSujet: Re: LES ECORCES DE L'AME   Mar 10 Avr - 18:16

bonsoir Yannick,
Dans sa mansuétude, D. Brown ne va pas jusque là, car ce serait trop dommageable pour les croyants des diverses religions. Ecoutons-le encore :

« Je crois que la Bible sert de boussole à des centaines de millions de gens sur cette terre, au même titre que le Coran, la Thorah ou le Canon Pali. Si vous et moi avions la possibilité de fournir au monde des documents probants qui contredisent les croyances des musulmans, des israélites, des bouddhistes ou des animistes, devrions-nous le faire ? Prouver que Bouddha n’est pas né d’une fleur de lotus ? Ni Jésus d’une vierge ? Ceux qui connaissent bien leur foi comprennent qu’il s’agit de métaphores. L’allégorie religieuse est devenue une forme de réalité, qui aide des millions de gens à vivre et à devenir meilleurs » (DVC 427-428).
Le discours est subtil ; il revient à dire : laissez donc chacun vivre sa religion en l’interprétant selon le niveau de conscience qui est le sien. Inutile de scandaliser « les chrétiens qui croient dur comme fer que Jésus a marché sur l’eau, qu’il a changé l’eau en vin aux noces de Cana, et que sa mère était vierge » : l’important est que leur croyance les aide à évoluer vers plus d’humanité. Que ceux qui sont plus avancés dans la réflexion, et qui ont compris qu’il s’agit de décrypter la réalité ésotérique cachée dans les discours exotériques des Institutions, que ceux qui ont ainsi quitté la voie religieuse et se sont engagés sur les chemins de la Sagesse, poursuivent leur quête et avancent en eau profonde ; les autres les suivront lorsqu’ils y seront prêts.
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Martine
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MessageSujet: Re: LES ECORCES DE L'AME   Mar 10 Avr - 18:20

bonsoir frère Jean

Est-ce à dire alors que la quête ésotérique prend en quelque sorte le relais des religions ?

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Martine
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frère jean



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MessageSujet: Re: LES ECORCES DE L'AME   Mar 10 Avr - 18:42

Bonsoir Martine , l’ésotérisme a en effet toujours refusé d’être assimilé à une religion, parce qu’il prétend détenir la vérité intérieure de toutes les religions, et accomplir leur démarche, en les reconduisant toutes à leur unique source universelle. Précisons que le mythe de la Tradition primordiale constitue un des points communs entre les différents courants du Nouvel Age. Selon cette doctrine, les fondateurs de toutes les religions se seraient inspirés d’une même doctrine éternelle, à laquelle les hommes ayant atteint des états de conscience supérieurs, auraient accès par intuition directe. Hélas des disciples moins inspirés n’ont pas compris le sens des paroles de leurs Maîtres et les ont réinterprétées de manière objectivante, donnant ainsi naissance aux dogmes et aux institutions religieuses. L’ésotérisme se propose de remonter en amont de ces défigurations, et donc en amont de ce qui sépare, divise, oppose les différentes religions, pour retrouver la Tradition originelle, la pure Sagesse incréée qui répand généreusement sa lumière sur les esprits capables de s’ouvrir à son rayonnement. Comme par hasard, cette Tradition primordiale est décrite par les éminences grises du Nouvel Age comme un pur naturalisme, dont le culte de la Déesse auquel D. Brown fait allusion, est une des nombreuses expressions.
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